Pratiques et Techniques en Plaisance
| Imprimer |
Fermer la fenêtre
|
Où trouver les informations concernant la piraterie maritime à travers le monde ? Comment prendre conscience des risques que représente une traversée du Golfe d’Aden, et plus généralement le fait de s’aventurer dans le Nord ouest de l’Océan Indien ? Que faire en cas d’attaque ? Des informations pour passer son bateau par cargo... Le témoignage d’un couple...
En commençant à me documenter sur les problèmes de sécurité inhérents au retour par la Mer Rouge, j’ai constaté qu’il existait beaucoup d’informations sur la piraterie, mais qu’elles étaient dispersées. L’objet de cet article est donc de faciliter la recherche d’informations concernant la piraterie, toutes zones confondues.
Nota :
« L’International Sailing Federation » décrit les mesures de sécurité à appliquer avant et pendant le transit, ainsi que l’attidude à adopter en cas d’attaque. C’est, à mon avis, le document de référence. Je l’ai traduit en français ci-dessous. Attention, la traduction de ce que j’appelle le « Document de référence » est donnée à titre indicatif. Les skippers devant transiter par le Golfe d’Aden devront se référer au document original.
Traduction du document de référence de « l’International Sailing Association » :
« sailing.org/tools/documents/ISAFGuidelinesForPreventionOfPiracy-[7256].pdf » (Ce lien a deux caractères spéciaux et ne peut pas être d’accès direct, il faut donc faire un copier/coller sans les guillemets pour l’utiliser dans la barre d’adresse de votre navigateur web)
Traduction :
Danger de piraterie – Guide à l’usage des bateaux de plaisance envisageant de naviguer dans le Golfe d’Aden et les eaux yéménites et somaliennes, incluant le nord-ouest de l’océan Indien du 15° sud au 60° est.
Ce document est publié en coopération avec le MSCHOA (Maritime Security Centre – Horn of Africa) mis en place par EU NAVFOR ATALANTA. Ces notes ne sont qu’un aide à la navigation. La décision finale de passer par le Golfe d’Aden, ou n’importe quelle zone fréquentée par des pirates, ainsi que les routes empruntées dans ces eaux, reste de l’entière responsabilité des skippers.
Fin de la traduction
Pour les ressortissants français, le Commandement de la Marine National dans l’Océan Indien répond de façon très courtoise et réactive à vos questions au mail : alindien@free.fr
Interview d’un responsable de la Force Atalante : http://www.voilesetvoiliers.com/gra...
Début du document
Marine Nationale – Etat major ALINDIEN , Cellule du Contrôle Naval Volontaire en Océan Indien
Recommandations à destination des plaisanciers et professionnels de la voile envisageant une navigation dans le Golfe d’Aden, aux abords des côtes somaliennes ainsi qu’aux abords des Seychelles
Compte tenu des risques considérables de piraterie dans cette zone et de la très grande vulnérabilité des voiliers, la première des recommandations émises par la cellule du contrôle naval volontaire en océan indien est une très ferme incitation à ne pas tenter de navigation en voilier dans ce secteur où des attaques sont commises quotidiennement par des pirates qui n’hésitent pas à ouvrir le feu pour parvenir à leurs fins : entreprendre une telle traversée, met gravement en danger la vie des membres d’équipage mais également celle des militaires, qui en cas de détournement seraient amenés à secourir les otages.
Car il faut garder à l’esprit qu’étant sur un navire battant pavillon français, l’équipage engage également la responsabilité de la France jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.
Le mode d’action envisagé par certains équipages - transit groupé de plusieurs voiliers - n’est en aucun cas une garantie de sécurité, il ne permettra pas d’échapper à une attaque et pourrait même augmenter les risques de détection par les pirates.
Le transport par navire de commerce spécialisé reste le mode le plus sûr aujourd’hui pour faire transiter des voiliers dans le golfe d’Aden et le long des côtes orientales de la Somalie.
Les interventions menées par les forces armées françaises sur les voiliers Carré d’as et Tanit mettent en évidence une détermination de plus en plus forte des pirates ainsi qu’un niveau de violence accru.
La faible valeur marchande d’un voilier – en comparaison d’un navire de commerce – ne protège en rien les navigateurs des attaques : les voiliers comme les navires de pêche constituent des cibles potentielles ; les pirates connaissent le prix de la vie humaine des membres d’équipages et n’hésitent pas à se servir de cette monnaie d’échange pour exiger des rançons tout aussi démesurées que pour les navires de commerce.
La recrudescence des attaques de pirates au large de la Somalie s’est traduite par une augmentation de la présence militaire dans le golfe d’Aden et dans le bassin somalien. Mais cette présence, avant tout dissuasive, ne peut garantir une intervention salvatrice, compte tenu de l’immensité de la zone de danger et de la soudaineté des assauts (en moyenne 15 minutes) ; il est rare qu’une unité militaire soit dans l’environnement immédiat d’une attaque et qu’elle puisse s’interposer avant que les pirates ne montent à bord.
Les informations suivantes sont portées à la connaissance des navigateurs :
Zones de danger
Golfe d’Aden : Aucune route ne peut être privilégiée pour la traversée du golfe d’Aden. La relative sécurité dont pouvaient bénéficier les navigateurs à proximité des côtes yéménites n’a plus cours : aujourd’hui, grâce à l’emploi de « bateaux-mère », qui permettent aux pirates de se projeter loin de leurs bases arrière, les attaques se sont généralisées à l’ensemble du golfe d’Aden, entre les longitudes 45°00E et 054°00E.
Côte Est africaine : Des attaques ont lieu dans tout le bassin somalien, des côtes africaines jusqu’à plus de 900 Nq à l’est. Les dernières attaques se sont principalement concentrées dans un rayon de 500 Nq autour des Seychelles : de l’ouest au niveau de la latitude de Mombasa, à l’est jusqu’à plus de 300 Nq, en passant par le nord (zones de pêche). Seule la partie sud des Seychelles reste pour l’instant préservée, ce qui ne signifie pas protégée… On constate en effet une forte mobilité des pirates qui savent s’adapter à la situation sur la zone. Il n’y a donc plus de route ’’sure’’ pour un transit ou une activité de pêche dans le bassin est somalien borné :
Critères de vulnérabilité
Les cibles privilégiées des pirates sont les navires à faible franc-bord et à vitesse inférieure à 18 Nds ; les voiliers, les navires en pêche, en cabotage ou au mouillage sont donc particulièrement vulnérables.
Les attaques sont conduites de jour comme de nuit (par pleines lunes) et ont principalement lieu à la tombée ou au lever du soleil.
Mesures préparatoires à la traversée
Les navigateurs qui, malgré les risques, décident de transiter dans la zone d’insécurité sont invités à communiquer à l’état-major d’ALINDIEN, avec le plus grand préavis, leurs routes, dates et heures estimées aux points de passage.
Sur les grands voiliers, il convient de vérifier que les accès de coque (porte de pilote, chaumards) sont obturés ou verrouillés, et que tous les appendices de coque facilitant le calage des échelles et l’accroche des grappins sont démontés.
L’adoption de mesures préventives telles que l’installation de manches à incendie à l’aplomb des secteurs vulnérables de la coque ou d’un dispositif sonore anti-intrusion doit être envisagée.
Les petits voiliers ou bâtiments à faible franc-bord, une fois pris en chasse, n’ont pas de moyen raisonnable pour se prémunir de la montée à bord des pirates.
Comportement durant le transit
Réactions en cas d’attaque
Fin du document de la Marine Nationale
Le transit du voilier entre l’Océan Indien et la Méditerranée par cargo est possible à partir de Singapour ou Dubaï. Le coût est approximativement de 750 US$ le pied.
Des exemples de sociétés assurant ce service :
Alors que jusqu’en 2010, des bateaux de plaisance se regroupaient en Oman pour passer le Golfe d’Aden en convoi, cette initiative a disparu des sites et des forums. Elle est de plus fortement déconseillée par les autorités.
Devant l’augmentation des attaques dans l’ouest de l’Océan Indien, beaucoup d’armateurs font appel à des sociétés privées qui fournissent des hommes armés à bord des navires. Elles sont généralement de droit anglo-saxon, le droit français interdisant cette pratique. Ces sociétés ont signé des accords avec le Sultanat d’Oman (à partir de Muscat) et la République de Djibouti pour que du personnel armé puisse embarquer/débarquer légalement sur leur sol.
Il semblerait que certaines de ces sociétés acceptent d’assurer la protection des voiliers. Cela doit être suffisamment risqué tout de même pour que certaines refusent tout net. Celles qui acceptent demandent un prix qui est rédhibitoire (Environ 30000 US$ pour trois hommes. Ce coût est plus élevé qu’un transit par cargo).
Cette pratique est donc à déconseiller.
Pour information : http://www.seamarshals.com/ (Il y en a beaucoup d’autres)
Attention, des individus n’ayant aucune autorisation officielle proposent également leur service notamment à partir des Seychelles.
Ce site liste toutes les agressions recensées aux Antilles, au Vénézuéla, en Colombie et en Amérique Centrale. Il indique également des astuces pour faire face aux agressions. www.safetyandsecuritynet.com...
Sergio de l’Oie Sauvage
http://sergeetdomi.blog4ever.com/bl...