Pratiques et Techniques en Plaisance  | Imprimer |  Fermer la fenêtre

Sauvetage de batterie à électrolyte liquide et plomb 5 octobre 2021 11:59, par yvesD

Je pense que tout simplement elle n’etait pas chargée a 100%.

C’est une hypothèse sérieuse et qui explique beaucoup de chose mais ...
Au vu de tes chiffres (complètement vide en 4 heures) on doit penser qu’elle n’était chargée qu’à15% de sa capacité Et alors cet état de décharge forte et prolongée (vérifier ce point, comment l’expliquer) a du conduire à une sulfatation significative.

Cette hypothèse de décharge endémique explique souvent les batteries qui ont perdue leur capacité et seraient en fin de vie qu’on lit souvent sur les forums. C’est généralement lié à une charge qui n’est jamais complète et donc à des décharges qui s’accumulent et sont de moins en moins compensée par des charges incomplètes, jusqu’au jour où ...

Les réglages des chargeurs sont critiques, les seuils pour passer de boost (courant constant) à absorption (tension constante) et de absorption à float sont critiques eux aussi ainsi que leurs durées respectives (très importante cette durée, il faut un battery monitor) , faute de quoi les effets des charges incomplètes (on y enfourne pas assez d’Ah, ditxit le moniteur) font croire à des batteries mortes. On en parle dans d’autres forums.
C’est une des raisons pour lesquelles j’insiste sur la nécessaire période de repos (2 heures mini mais plutôt 8 à 96 selon que ça suit une charge ou une décharge) avant de considérer la tension, voir même la densité, comme indicateur fiable de l’état de charge.

Rappel  : penser au rendement du processus de charge, une partie des Ah imposés « sert » à faire chauffer la batterie. On fixe ce rendement à 95% pour des batteries neuves et ... on y touche jamais plus alors qu’il devrait refléter le rapport entre la quantité d’Ah nécessaire pour restaurer une batterie qui s’est complètement décharge en fournissant tant d’Ah. Ceci conduit à des recharges insuffisantes.

Rappel  : une batterie morte peut être bien chargée (12,8 V et d=1,285) mais si on la fait débiter dans une ampoule de phare (C20) elle s’écroule : elle n’a plus de capacité. Le critère de tension au repos n’’indique que l’état de charge, pas la quantité disponible. Cette dernière ne se mesure (battery monitor) aisément qu’en vidant jusqu’à U=9,5 V ou U = 10,5 et en comptant les coulomb (ou les Ah) qu’elle a pu fournir de manière utilisable (utilisable implique plutot 10,5 voir 11V car en deçà l’appareillage de bord n’en a pas l’utilité)

Rappel  : le critère de durée au repos reflète la chimie interne de la batterie et de ses plaques. Par ex, après une charge, la surface des plaques (et la densité de l’électrolyte) est bien chargée mais l’intérieur des plaques peut être encore déchargé. La période de repos que j’évoque permet aux charges en surface (ou à la composition du Pb en surface) de migrer exponentiellement (exponentielle décroissante) de la surface vers l’intérieur et de rééquilibrer le tout. Cette durée dépend de l’épaisseur des plaques (les plaques épaisses) et aussi de la composition du plomb (additif à l’’antimoine ou pas). Donc, prudence avec ce critère de tension, c’est du doigt mal mouillé.

Rappel  : historiquement et avec les batteries OLA, le critère de fin de charge est une ébullition raisonnable et une tension de charge qui ne monte plus et se stabilise à une certaine valeur (14,4V par ex, pendant 2 heures et plus). C’est l’intérêt des OLA : on peut jeter un œil à l’intérieur et même glisser un densimètre., mais faut pas espérer voir le sulfate en surface ;-<