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Projet de navigation au large : quel matériel informatique et quels type de cartes 12 juillet 2022 12:47, par Tyfon  image

Bonjour à tous,

suite à ces échanges qui commencent à dater, je vous fais part de mes choix définitifs et un retour d’expérience (qui dépasse toutefois le scope du titre de ce post) apres quelques semaines significatives de navigation (le grand départ est arrivé...enfin !) en manche + golf de Gascogne.
Je précise que je navigue en solo (ovni 385 pour mémoire). J’écris ces mots de La Corogne.

équipement informatique et de navigation :
- un PC Fanless jetway JBC 377 muni d’un CPU 3160, 8Go mémoire et disque SSD 500go avec écran beetronics 15 pouces
* choix fait pour la faible conso mais avec le recul je pense qu’il aurait fallu un pc plus puissant (voir les remarques plus loin sur opencpn)
- tablette android 7 pouces sailproof autonome
* la tablette est utilisée soit sous la capote soit au poste de barre, et tourne opencpn de manière autonome avec son gps interne (pas de réplication d’écran du pc principal donc pas d’ais ni radar).
* elle est parfaitement lisible au soleil avec son écran 1000cdi, raison principale de ce choix qui est très efficace pour les approches et chenalages
- AIS classe B raymarine 650
- radar Navico HALO 20+ branché en direct sur le PC (ethernet), choix fait pour la compatibilité avec le plugin radar-pi d’open CPN
- Navtex et E7 raymarine historiques à bord mais non utilisés (secours)
- Iridium GO sans kit antenne externe + abonnements predict wind « standard » pour la météo et « illimité » pour l’iridium
- logiciel de navigation opencpn sur le PC et sur la tablette, cartes vectorielles OE-senc à jour.
*j’ai du cette année passer à la version 5.6.2 pour pouvoir installer les cartes avec le plugin o-charts.
* A l’usage je constate quelques dysfonctionnements que je n’avais pas vus sur la version antérieure. Ceux-ci interviennent soit des le début, soit apres plus de 24h de fonctionnement en continu :
° toutes les distances sont données en « kts » et non en milles. ceci est général quelquesoit la fonction (mesure de distance, route, données ais...ect)
° de plus en plus de cibles AIS grises perdurent à l’écran, non raffraichies et non supprimées, ce qui produit une surcharge visuelle
° le PC ne répond plus aussi rapidement,, notamment lorsqu’on veut faire glisser la carte. cela devient de plus en plus lent.
° des bugs d’affichage dans le menu radar, qui empechent de modifier les réglages lorsqu’on en a besoin. photos à l’appui, plusieurs sous-menu m’ont dupliqué « rejet du bruit élevé » sur les boutons à la place des libellés normaux. donc impossible de savoir sur quoi on clique sauf à avoir en tete tous les menus.
* la plupart des pbs sont résolus par un reboot du PC. je prendrai l’habitude de le relancer tous les matins à l’avenir.
* je ne sais pas dire si ces pbs sont liés au PC (qui tourne windows 10 version entreprise iot) ou à une dérive du logiciel opencpn (fuite mémoire ou autre)
* intéressé pour remonter ces pseudo bugs au bon endroit mais je ne sais pas où....

Comment j’utilise ce matériel pour les navs en solo ?
- les alarmes AIS sont bien sûr activées avec une distance de 5 milles. Néanmoins je désactive le son dans les zones à fort trafic car on en prend plein les oreilles et de plus cela pollue l’affichage.
- le plugin radar-PI fonctionne parfaitement en transmission programmée : 1 mn de balayage toutes les 30 mn avec une « guard zone » de 5 milles autour du bateau et alarme. Il faut toutefois configurer un cercle interne de 0,5 mille car des scories d’échos font sonner systématiquement l’alarme sinon.
- tout cela permet de fractionner le sommeil en tranches de 30mn, 45 mn ou 1h max selon le monde autour du bateau. En demarrant les cycles assez tot vers 21h et en les stoppant vers 8h30 le lendemain j’ai pu constater que je ne suis pas fatigué pendant la journée.

Energie
- pas d’éolienne
- 4 panneaux solaires 120W dont 3 sur l’arceau (2 historiques polycristallins + un back contact monocristallin récent), un panneau souple monocristallin sur la capote.
- les 4 panneaux sont montés en parallèle sur un regulateur 40A (on a de la marge), et j’ai choisi des panneaux à caractéristiques électriques similaires (18-19 V en charge et 22V à vide)
- double alternateur sur le moteur
- 4 batteries AGM deep cycle Lucas 125ah, soit 500ah pour le service à bord (150 à 200 max utilisables).
- une batterie moteur 100ah.
Les batteries sont rechargées en milieu de journée par temps ensoleillé, et en fin d’apm par temps semi-couvert.
Je constate que je consomme 40 à 45A pendant la nuit en navigation (avec le frigo allumé et sans pilote automatique). Les 4 panneaux solaires produisent max 13 A instantané (eh oui c’est la réalité malgré les presque 500W théoriques) ce qui convient pour la recharge.
A date, je n’ai jamais eu besoin de lancer le moteur pour recharger les batteries
Lorsqu’on vise d’aller au soleil je pense être assez serein avec cette configuration. Mais pour irlande-islande-feroe et autres zones ventées il faudrait bien sûr une éolienne.

Régulateur Hydrovane
Je ne reviens pas sur le choix décrit plus haut dans les échanges de ce post.
L’hydrovane fait son travail correctement. C’est toutefois assez « toutchy » à régler.
Il faut que le bateau soit tres bien équilibré, sans tension excessive sur la barre, quitte à choquer la GV un peu plus que nécessaire, et faire moins de cap au près.
L’aérien n’est jamais pile poil en phase avec la direction du vent apparent indiquée par les girouettes (d’où la difficulté à régler).
Il m’a fait faire un grand bord de près entre Guernesey et les héaux de bréhat, permettant (grace à une adonnante) de passer à l’ouest des roches douvres, ce qui m’a évité de tirer un bord à 2h du matin...
Il a également fonctionné en continu au portant du ras de sein jusqu’à 50 miles de La Corogne, zone dans la quelle il a perdu le fil de l’histoire, ou c’est moi qui l’ai perdu (ou les 2). Bref je n’arrivais plus à trouver le bon réglage et le cap dérivait de 40° au bout de 10 mn. J’ai donc terminé sous pilote....

Coté manoeuvre
que du bonheur, sauf......
Ce bateau est équipé d’une trinquette sur enrouleur qui fait merveille dès que le vent monte, évitant d’enrouler le génois partiellement ce qui est bon pour l’efficacité et la longévité de ce dernier.
En revanche, les virements de bord sous genois sont une véritable galère. j’ai essayé plusieurs méthodes et j’en suis arrivé, à la séquence suivante :
- choquer, enrouler le génois à 50%, border, reprendre de la vitesse, virer, dérouler le génois, border
- je n’ai pas tenté le virement lof pour lof, considérant que la perte est trop importante lorsqu’on tire des bords....et le passage genois-trinquette-genois testé est une trop grande dépense d’énergie.
Si quelqu’un dispose d’une méthode miracle, je suis preneur !
Je ne m’attarde pas sur les prises de ris du cocqpit qui sont un « must have » pour la sécurité.

Coté mouillage
Je dois dire qu’en instruisant le sujet, j’ai découvert le remarquable travail mathématique réalisé par « Artimon » (son pseudo sur stw), que j’ai d’ailleurs contacté et avec qui j’ai échangé en direct.
Cela s’est soldé par la config suivante qui tient compte de l’existant a bord bien entendu :
- mouillage principal : spade 30kg + 60m chaine inox de 10 + 30m de squareline de 18 que j’ai épissé sur la chaîne. Je reste avec de gros doutes sur le passage de la squareline dans le guindeau. Je pense qu’à la remontée du mouillage la squareline va glisser dans le barbotin et qu’il faudra la remonter à la main. A suivre
- amortisseur à plat-pont en polyester 3 torons de 18 (env 9m sur ce bateau)
- mouillage secondaire : fortress FX37 (un peu grande quand meme donc stockée démontée) + 25m de chaine de 8 en grade 70 + 55m de cablot de 20.
- utilisation des manilles grade 70 des chaîneriee du limousin pour les liaisons chaine-ancre-cablot.
- il existe un mouillage arrière sur ce bateau que j’ai gardé sans modification avec une spade 15kg, 10m de chaîne et XXm de cablot.
- j’ai équipé le guindeau d’une télécommande sans fil (MZ electronic), que j’ai montée en parallèle avec l’ancien système filaire (je ne sais pas encore si les 2 peuvent fonctionner en parallèle mais je trouve que c’est une sécurité d’avoir toujours la commande filaire au cas où). Toutefois j’ai pu constater que la transmission n’est pas si évidente. il faut ouvrir le panneau avant pour que cela fonctionne. J’aurai peut-être besoin de l’antenne externe prévue par le mécanisme (mais à commander en supplément).

Gaz
j’ai réussi à intégrer une bouteille composite 10kg dans le coffre à gaz (la calypso rouge d’antar gaz). cela rentre au chausse pied et m’a conduit à modifier un peu le circuit cuivre dans le coffre. J’en ai profité pour y intégrer un détecteur de fuite.
J’ai confectionné un raccord qui devrait permettre de la recharger à partir d’une autre bouteille achetée sur place lorsqu’on sera dans la pampa (cf méthode décrite sur le site de Banick)
affaire à suivre dans le temps

voilà qui clos ce retour d’expérience , si je n’ai rien oublié.
Je reste ouvert aux questions, suggestions et conseils bien entendu, conscient d’être un tout petit débutant dans le voyage au long cours...

cordialement
Olivier