Pratiques et Techniques en Plaisance
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NDLR merci à “Kerdubon” capitaine, marin et explorateur de Grèce et de Turquie, d’il y a 50 ans
Un exote, pour connaître les autres doit fatalement s’intéresser à leurs mœurs. Ceux-ci sont conditionnés par leurs lieux de vie, leur passé, ainsi que leurs arts dont la musique et la danse. Je vous ai dit qu’au Panthéon on y danse… on y danse tout en rond… les beaux dieux font comme-ci et les belles déesses comme-çà… avec un décor aussi joli que celui du pont d’Avignon, la musique est d’Apollon et la flûte de Pan.. Une question me vient : la danse était-elle une discipline récompensée aux jeux d’Olympie ?
D’après les menteux anciens comme Hippias ou Pausanias, la première olympiade ne comprenait qu’une épreuve de course à pied et un certain Corèbe d’Elis parcourut en vainqueur le « stade » qui était une longueur étalon à l’époque. On se demande toujours s’il eut une médaille. Les archéologues et autres astrologues avec pelles ou pendules la cherchent en vain semble-t-il dans les ruines du site d’Olympie.
Moi-même Kerdubon, fils de Dol et de la Patrie, inspiré par les fumées magiques du cigarillo que fumait non pas la Pythie mais mon épouse, je bouinais tôt un matin dans les ruines de Delphes. S’il ne reste plus rien des « trésors » entreposés jadis, certains étaient sans doute… des médailles déposées… en guise d’ex-voto… et sait-on jamais, je pouvais avoir de la chance !
Hélas je n’ai trouvé qu’une inscription gravée sur pierre à l’entrée du stade de Delphes : « Il est interdit de faire pénétrer du vin dans l’enceinte du stade sous peine d’amende de cinq drachmes » Je n’ai pas noté les mots exacts du grec classique, mais je me demande si les médailles qui sont distribuées aux meilleurs crus en si grand nombre de nos jours, existaient également à l’époque de l’inscription pour les piquettes locales.
Il me sembla que nous devions donc nous rendre obligatoirement à Olympie pour apprendre bien des choses au sujet des danses olympiques.
Au tout début Mai, notre superbe « Renault major » remplie aux marques de matos et nourriture introuvables en Grèce, comme du café autrement que moulu à la grecque, la moutarde de Dijon et 30 kilos de croquettes pour le chien, nous amena au chantier de Nidri steno à Lefkas, où notre voilier attendait patiemment sous les grands eucalyptus.
Le pire nous attendait. La pompe de refroidissement du Mercedes ainsi que le barbotin du guindeau s’étaient fait la valise avec le reste !... Il fallut courir jusqu’à Préveza pour trouver à les remplacer. Je ne connaissais qu’un seul « vieux gréement français » pouvant avoir un barbotin… très usé. Il avait quitté le chantier quelques jours avant notre venue. Sachant que la punition n’est pas dans l’autre monde, mais ici sur terre… ou sur mer, je n’ai rien dit à ce sujet laissant les dieux s’en charger… quoique Mercure le dieu des voleurs du commerce et des voyages, participe aux danses du Panthéon sans être inquiété par le petit père barbu Zeus.
Notre voiture dépannait tout le monde, aussi bien pour les courses à Lefkas city, que pour effectuer des tours touristiques de l’île, ce qui nous valait des amitiés et aides de beaucoup de collègues qui préparaient leur mise à l’eau. L’église de Lefkas qui n’est pas un monument à la gloire de monsieur Eiffel m’a d’ailleurs fort étonné ! Nous avons donc laissé la clef de notre toto au tableau de l’atelier pour qu’elle continue à rendre service pendant notre absence de plusieurs mois. A notre retour, le joint de culasse était mort ! Ce fut une autre histoire, il n’y en avait aucun en Grèce. On fit un joint… en ciment… et nous sommes rentrés jusqu’à Dol.
Bien avant la fin Mai, nous étions prêts à naviguer. La mise à l’eau du bateau reproduisit à l’envers la manœuvre de sortie l’année précédente. Nous avions plus d’un mois avant un rendez-vous avec mon frère et sa petite famille à Patras dans le Péloponnèse où ils débarqueraient d’un ferry venant d’Italie.
Nous avons à nouveau égrené du nord au sud le chapelet des îles Ioniennes pour aller une fois encore à Argostoli, au sud ouest de Céphalonie. Cette fois-ci, comme j’accostais pour une nuit à Poros, étape intermédiaire, une durite à eau péta tout net. Taillée trop courte par les économes maltais, elle était tendue au maximum et les vibrations avaient fait qu’elle fut cisaillée par un collier de serrage.
Finissant pratiquement de contourner l’île par le sud, nous avons pénétré cap au nord dans le golfe profond d’Argostoli, puis viré de 180° au sud pour nous glisser dans la baie abritée où s’étalent le port et la capitale de l’île.
L’épicier et marchand de fuel à bas prix, qui avait beaucoup de photos de navires dans sa boutique, nous expliqua qu’il était capitaine de navires, actuellement en congés et qu’il aidait l’épicière son épouse.
Apprenant que le sieur Kerdubon était lui aussi capitaine en congés… la conversation devint intéressante avec évocations de ports et de figures. Evidemment nous nous sommes glissés sur un banc derrière une table, où l’épouse du navigateur apporta tout ce qu’il faut pour trinquer et manger avec la générosité normale grecque.
En souriant, je n’ai pas été sans remarquer que celui qui m’appelait aderfo mou (mon frère), avait les mains baladeuses et serrait de près madame Kerdubon, laquelle ne savait comment s’en dépêtrer, tandis que ravie, l’épouse épicière épanouie souriait aux anges…. sans que j’aie un seul geste déplacé.
En quittant… mon frère, puis l’île, j’ai pensé que la « Marine Grecque » avait encore de beaux jours devant elle, tous ses marins n’étaient pas comme le veut la légende, adeptes d’amours spéciaux souvent dits grecs, il y aurait toujours des mousses pour naviguer !
Je n’ai pas demandé à mon frère de baptême à l’eau salée, s’il était au courant des danses olympiques… il m’aurait répondu que le sirtaki qu’il devait seulement pratiquer dans les tavernes grecques de certains ports, dont Le Pirée, fut inventé… il y a peu de temps !
Zante, la fleur du levant, aux dires des Vénitiens qui l’occupèrent, fut l’étape logique suivante.
Réveillés à l’aube selon notre habitude, nous avons été stupéfaits en voyant par notre hublot de cabine, l’employé municipal rouler une à une ces poubelles jusqu’au bout de la jetée et… balancer sans état d’âme leur contenu à la mer !
Au bout de la jetée, avant le phare, il y avait une taverne bruyante le soir. Notre voisin de quai, le sympathique Lorenzo nous invita à participer avec ses amis, à la fête précédant son départ. Ce fut une java terrible ! La spécialité des musicos de l’île était de garder inscrite dans les mémoires, la canzonetta Italienne. Mandolines, banjos et guitares, accompagnèrent les chanteurs débridés par la somme d’argent qu’ils avaient encaissée. Le vin coula à flots, et vers les 3 heures, les danses commencèrent. Aucune n’aurait pu figurer dans les danses olympiques !
Puis ce furent les adieux de Lorenzo. Rond comme une queue de pelle, il embraqua ses amarres que larguaient ses amis et emporté par un bon vent de nord, disparut dans la nuit avec son voilier. Combien de rencontres, d’amitiés soudaines, entre Gentleyachmen… ont disparu au-delà de l’horizon, emportées par une bonne brise qui gonfle bon plein les voilures déployées.
Campanile typiquement vénitien à Zakinthos
Notre balade permit de découvrir d’en haut, une baie bien tranquille. Nous avons décidé d’aller nous y reposer.
Pendant une bonne semaine, nous avons joui de la paix et de la tranquillité en baie Kieri (Ormos Keriou). Même si le vent y souffla parfois bien fort, mes 100 mètres de chaîne me garantissaient un mouillage sûr !
Killiny fut notre point d’arrivée dans le Péloponnèse avant de remonter à Patras. Après quelques jours d’exploration et de ramassage de citrons et autres fruits abandonnés aux pieds de leurs arbres, les gens ayant préféré aller travailler dans la grande ville. La brume qui avait noyé le paysage, notamment lors de notre traversée en provenance de Zante… au pif… faute de radar, n’était plus qu’un souvenir, tout allait bien, dans le meilleur des mondes ensoleillés… ouzoteux et retzineux… Hélas... tu ne toucheras pas avant un an et un jour à ce qui ne t’appartient pas… même abandonné… dit la loi (de qui ?)… nous devions payer pour les citrons transformés en jus sains et rafraîchissants !
Ce gars barbouillait de la toile. Lorsque mon frère débarqua avec son camping-car, Mallias accueillit avec joie son collègue… peintre. Ils ne se mélangèrent pas les pinceaux, mais Théo proposa de garder le véhicule dans une dépendance de sa villa, pendant que les Kerdubon, feraient leur croisière familiale.
Finalement ce psy n’était pas porté sur l’antiquité et son histoire. Il était certain qu’on a toujours dansé en Grèce, les décorations des poteries et sculptures les plus antiques le prouvent… Mais donner des médailles aux danses olympiques était une autre histoire… inconnue de lui !
Crédit photo : mon-espace dannick13 Nous avons atterri dans le port de Katakollo au Nord de la baie d’Arcadie. La jetée de 700 mètres, haute de 6 à 8, était impressionnante, l’abri garanti. (Le port était sans doute bien loin de ressembler à celui d’aujourd’hui qui est agrandi et peut accueillir trois super-paquebots en même temps !) Parmi les oliveraies, la route ombragée d’eucalyptus longeant l’Alphée qui passe par la grande cité de Pirgos nous amena à Olympie. La minute de vérité allait-elle arriver ? Il était hors de question d’y chercher la médaille à notre tour, mais de savoir si les danses olympiques étaient médaillées !
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En parcourant guide bleu en main ce site antique, je ne fus pas surpris autant qu’en face des temples égyptiens réellement… pharaoniques, mais je ne pus m’empêcher de penser… étant non Béotien (La province de Béotie n’est pourtant pas loin), que toutes ces vieilles pierres étaient plus dé coiffantes que… celles de Carnac ou de la cathédrale de Quimper… et même de l’abbatiale de Dol !...
Ce ne fut pas une sorte d’entaille dans le granite qui me sert de cortex profond qui venait de se produire… l’entaille permettant au virus de l’amateur d’antiquités et des « vieilleries » de pénétrer jusqu’à l’âme (certes restée Celte), était plus ancienne… cependant nous n’allons pas remonter le fil des temps !
Dans le musée attenant au site, une simple brochure, sans même une illustration, me donna la liste des épreuves dans les différentes disciplines sportives ayant figuré lors des jeux, avec parfois le nom du vainqueur, depuis la simple course à pied jusqu’à nos jours…
Il n’existe pas de danses olympiques… vous êtes priés mes amis de remballer vos appréciations au sujet des délires manifestés par votre menteux Kerdubon… et les chercheurs de la médaille de Corèbe… peuvent continuer à gratter en vain !
Quoi qu’elle figure sur le pavillon ou drapeau grec, je n’appartiens pas à « La croix bleue » et peut donc dire : Ya sou !… à la vôtre !
Kerdubon